Nicolas Sarkozy, le candidat de la baisse du pouvoir d’achat

Le président sortant a affirmé lors de son premier meeting de campagne que les « salaires et les pensions n’ont pas été baissés ». Les chiffres pourtant soulignent que les Français ont subi une baisse pratiquement constante de leur pouvoir d’achat depuis 2008, du fait des effets de la crise mais aussi de décisions politiques particulièrement défavorables aux classes moyennes. L’ébauche du programme annoncé et les engagements du gouvernement vis-à-vis de Bruxelles pour 2012 et 2013 laissent augurer de la continuation de cette politique de baisse du pouvoir d’achat, si les Français devaient réélire Nicolas Sarkozy.                                                                                              

Le pouvoir d’achat des Français a baissé sous Sarkozy

La hausse du pouvoir d’achat était le principal engagement de campagne du candidat Sarkozy en 2007. Malgré les « fariboles » du président sortant sur le sujet (Libération), les chiffres ne laissent guère planer de doute. Entre 2008 et 2012*, le pouvoir d’achat du Revenu Disponible Brut (RDB) par ménage a ainsi baissé d’environ 1%, avec trois années de baisse sur cinq (2008, 2010 et 2012*). Si l’on se réfère au « pouvoir d’achat du revenu arbitral » des français, qui mesure le revenu restant une fois soustraites les dépenses contraintes, la tendance est similaire. Dans le même temps, le taux d’endettement des ménages a fortement augmenté, passant de 71% du RDB en 2007 à plus de 80% cette année. La promesse de 2007 n’a donc pas été tenue.

Les classes moyennes ont été les plus affectées par cette évolution. Ainsi entre 2005 et 2010 elles ont subi une perte de pouvoir d’achat de 0.3% par an, alors que les hauts revenus ont bénéficié d’une hausse de pouvoir d’achat de 2.3%. La montée du chômage, la pression baissière sur les salaires et la faible revalorisation des prestations sociales sont venues s’ajouter à un contexte marqué par une hausse du coût du logement, de l’énergie et de l’alimentation.

La politique du gouvernement a aggravé les effets de la crise sur les revenus des classes moyennes

Loin d’avoir protégé les Français des effets de la crise financière mondiale, le président sortant a aggravé le sort de la classe moyenne à travers une politique fiscale injuste et une quasi-absence de soutien aux ménages les plus durement frappés. Ainsi, les différentes hausses de TVA décidées en 2011 sont venues grever le budget des français les plus modestes. Les revalorisations insuffisantes du SMIC ont affecté le pouvoir d’achat de millions de travailleurs: en 2011 par exemple le SMIC a progressé de 2.05% alors que l’inflation s’élevait à 2.5%**, impliquant une baisse de sa valeur réelle de 0.45%. Ajoutons aussi la multiplication des cadeaux fiscaux pour les plus aisés (bouclier fiscal, baisse des droits de succession et de l’ISF), qui ont été financés par la baisse de prestations sociales essentielles aux classes moyennes.

Enfin, la responsabilité du président sortant est mise en cause du fait de la faiblesse des mesures de soutien à la classe moyenne pendant la crise. Celui qui se voulait le « président du pouvoir d’achat » aura manifesté une indifférence coupable vis-à-vis du sort de celles et de ceux qui subissent depuis 2008 la hausse du prix de l’essence, des produits alimentaires et des loyers. Alors que les compagnies pétrolières et la grande distribution augmentent régulièrement leurs marges bénéficiaires au détriment des consommateurs et au profit des actionnaires, Nicolas Sarkozy n’aura pas su imposer des pratiques économiques plus compatibles avec l’intérêt de la majorité des Français en ces temps de crise. Pire, il aura multiplié les avantages fiscaux à destination de ces grands groupes (suppression de la taxe professionnelle) et de leurs actionnaires (prélèvements forfaitaires libératoires sur les dividendes). Pareillement, il n’a pas su mettre en oeuvre des mesures favorables à une baisse des loyers, stimulant au contraire la demande de logements à travers le crédit d’impôt relatif aux intérêts d’emprunt.

Les projets du candidat Sarkozy, bien que très vagues, laissent entrevoir l’intensification de ces pratiques défavorables au pouvoir d’achat des ménages et donc à la relance de notre économie. L’instauration de la TVA dite « sociale » s’inscrit dans le prolongement de ce quinquennat perdu pour le pouvoir d’achat. Enfin l’engagement pris par Nicolas Sarkozy de ramener les déficits publics à 3% du PIB dès 2013 se traduirait par une contraction plus forte encore des mesures de soutien aux classes moyennes.

A retenir:

  • Contrairement aux affirmations du candidat Sarkozy, le pouvoir d’achat a bien diminué depuis 2008;
  • Les classes moyennes ont été les plus durement frappées, alors que les ménages les plus aisés ont bénéficié de hausses de pouvoir d’achat significatives;
  • Les mesures économiques du président sortant ont aggravé cette tendance, frappant systématiquement les classes moyennes (hausse de la TVA, baisse du de la valeur réelle du SMIC et des prestations sociales) et profitant aux plus aisés et aux actionnaires;
  • L’absence de soutien aux ménages les plus exposés aux hausses des prix de l’énergie, de l’alimentation et des loyers a été particulièrement pénalisante;
  • Un nouveau quinquennat Sarkozy se traduirait par la continuation de ces politiques hostiles au pouvoir d’achat des ménages.

* Selon les estimations le pouvoir d’achat du RDB par ménage devrait baisser de 0.3 à 0.6% en 2012
** Données INSEE, décembre 2011

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