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Le 17 janvier 2012
Communiqué de Presse

Les revirements de Standard and Poor’s et les échecs économiques du gouvernement français

Au delà de la dégradation de la note financière de la France, ce qui frappe ce sont les termes sans équivoque employés par S&P pour justifier sa décision. Politique européenne, austérité fiscale, prise en compte des déséquilibres extérieurs…l’agence de notation met clairement les échecs de la politique économique conduite par Nicolas Sarkozy au cœur de sa décision, alors même qu’elle en partage une partie de la responsabilité.

Vendredi dernier, Standard and Poor’s a choisi de ne déprécier qu’un seul des cinq indicateurs utilisés pour évaluer la note financière d’un pays, l’indicateur de la gouvernance politique (political score). Cette dépréciation, qui a conduit à la dégradation de notre note globale, résulte de son scepticisme concernant l’accord européen du 9 décembre 2011. S&P juge que cet accord ne permettra pas d’apporter les ressources et la flexibilité nécessaires aux opérations de sauvetage du système financier européen. Ces critiques font écho à celles des économistes progressistes qui estiment que l’accord laisse de côté des instruments essentiels au rétablissement des équilibres financiers en Europe, et notamment les interventions de la Banque centrale européenne, les eurobonds, et la création d’un fonds de secours financier.

S&P souligne également l’erreur d’appréciation fondamentale de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement quant aux origines de la crise, rappelant que le surendettement est la conséquence du déséquilibre structurel de notre balance commerciale et de notre déficit de compétitivité. Dans un contexte marqué par la destruction de plus d’un demi-million d’emplois industriels depuis 2007 et malgré des annonces présidentielles multiples sur le sujet, le gouvernement français n’a pas augmenté significativement les ressources allouées à l’innovation et à la recherche industrielles, se concentrant sur des mesures fiscales aux effets incertains. A l’échelon européen, les solutions financières l’emportent également sur celles engageant un redressement des industries.

Enfin, l’agence de notation découvre finalement que les politiques d’austérité, dont elle porte pourtant une part de la responsabilité, ne sont pas une solution à la crise mais un facteur aggravant dès lors qu’elles ne sont pas accompagnées de mesures de soutien à la croissance. Ce revirement, qui souligne les limites techniques du travail d’analyse et d’évaluation des agences de notation, nous rappelle qu’il est aujourd’hui nécessaire d’envisager une alternative aux politiques d’austérité. Ces politiques sont particulièrement dommageables lorsqu’elles affectent prioritairement les ménages aux revenus faibles ou moyens, dont la propension à consommer est la plus forte, comme c’est le cas avec les hausses de TVA.

Ainsi, la défiance de la communauté financière à l’égard des choix économiques du gouvernement français rejoint nombre de critiques formulées par les économistes progressistes qui soulignent la nécessité :
a- De renégocier l’accord européen du 9 décembre;
b- De revenir sur la primauté de la finance et mettre en œuvre un véritable pacte productif au service de l’industrie et des exportations; et
c- D’ajuster l’effort de réduction des déficits de façon à épargner les classes moyennes, qui constituent le moteur de la demande intérieure en France.

A retenir

  • Ce sont les insuffisances de la gouvernance politique française et européenne depuis 2002 et surtout depuis 2007 qui ont conduit à la dégradation de la note financière de notre pays;
  • Standard & Poor’s a sanctionné l’échec du sommet européen du 9 décembre et partant, l’inefficacité du duo Sarkozy-Merkel dans la mise en œuvre des solutions à la crise financière ;
  • L’agence a également sanctionné l’absence de politique industrielle et la mauvaise appréciation des causes de la crise en France et en Europe ;
  • Elle a surtout pris conscience de ses propres erreurs d’analyse en matière d’austérité budgétaire et semble découvrir que les politiques qu’elle a imposées au pouvoir politique, qui affectent trop durement les classes moyennes, sont une impasse économique.

Contact presse: Aurélien Lamarck, 06-14-79-10-24, presse@vigi-eco2012.org